Dimanche (30/09/07)
Some things can be put a box
Il y a des fois où je les adore tant. D'un amour infini qui n'a jamais eu besoin d'une raison d'être. Je m'ennuie d'eux quand on se quitte. J'ai même pleuré souvent. Pas les mêmes larmes qu'en ce moment.
Il y a des fois où ils m'énervent tellement! Leurs commentaires innoportuns qui toujours sont sensiblement les mêmes, leur étouffante protection, leurs jugements dépassés. Ça réveille en moi une rébellion on ne peut plus normale. J'en tremble de tout mon corps, cette colère à peine retenue. Mais ces tremblements sont mieux qu'à cet instant.
Avant, on disait que corriger ses enfants les rendaient plus forts. Alors pourquoi j'ai l'impression d'être si faible?
J'ai jamais été battue, en vérité. Des baffes ici et là, sans grandes violences. Ça, ça ne m'a jamais trop dérangé d'en prendre. Ça fait mal et plutôt peur sur le coup, mais on les oublie une fois la douleur évanouie. C'est toujours mieux que les paroles blessantes, celles qui enserrent le coeur jusqu'à en avoir le souffle coupé. Ou la haine, le dégoût, la déception qui émanent de l'autre. Ça, ça reste dans notre tête, ça s'accumulant avec les autres.
Ça me donne envi de hurler, non, de tout dévaster une pièce.
Mais tout s'arrange, toujours. J'ai un certain don pour rendre les autres coupables. Alors je mets tout de côté, parce que c'est encore si facile de tout ranger dans une boîte dans ma tête. Parce que ça, ce n'est rien. J'ai d'autres souvenirs à m'inquiéter.
Ecrit par Elanore, à 02:47 dans la rubrique "Actualités".
Vendredi (31/08/07)
6 milliards
On dit souvent que les télé-séries font la présentation d'histoires impossibles. Personne ne peut vivre autant de choses en si peu de temps. Et pourtant, s'ils prenaient la peine de réfléchir à propos de leur propre vie mise de côté par la fiction, ils seraient surpris par tout ce qui leur est arrivé. Bien sûr, peu de gens ont vécu une fusillade ou ont été la victime d'un tueur, mais il y a plus que cela (une chance). Ceux qui se plaignent de la monotonie de leur quotidien devraient comprendre que c'est nous-mêmes qui gouvernons notre vie. Il est vrai que de demeurer emmuré chez soi rend notre vie sans action ni surprise. Parfois, faire un pas hors de chez soi peut mener à quelque chose d'imprévu. Les petites choses engendrent les grandes. Certains diront qu'ils veulent bien, mais que sans argent, c'est compliqué. Pourtant, pourquoi aller chercher le bonheur ailleurs quand on peut le créer tout près de soi? Des soirées entre amis peuvent prendre des tournures inattendues, et un road trip qui ne dure qu'une nuit peut mener sur un chemin parsemé de petites surprises.
Les gens de notre époque sont trop fixés sur la grandeur des choses. Les grosses surprises ne peuvent pas arriver à profusion! Et puis, parfois, réaliser un rêve peut être moins exaltant que de le rêver. Car lorsque l'on a réalisé tous nos rêves, que nous reste-t-il? Qu'un souvenir fugace qui s'évapore chaque jour davantage. Rêver est un puissant don, comme l'amour, comme l'espoir. Ces trois-là nous permettent de rester en vie tout en savourant chaque lever et coucher du soleil. Bien sûr, il arrive que l'on faiblisse, que tout nous paraisse noir. On se plaint alors, broyons du noir, disons des paroles qui, plus tard, nous ferons rougir de honte. Ce n’est pas si mal. Ces épreuves nous font grandir et apprécier davantage les petits moments agréables qui nous sont offerts. Il suffit d'être plus fort que la part d'ombre qui nous envahi. Tout le monde est capable de le faire, avec de l'aide, mais surtout, par nous-même. L'essentiel, c'est de se battre pour notre vie. C'est la nôtre, après tout.
Aujourd'hui, il y a plus de 6 milliards d'âmes humaines, sur Terre. Chacune de ces vies a de l'importance, chacune mérite d'être racontée. Et si chacune d'elles est différente, elles ont toutes en commun au moins une chose: Elles ont toutes connu l'amour, le rêve ou l'espoir au moins une fois, qu'elles l'admettent ou non.
Ecrit par Elanore, à 04:16 dans la rubrique "Actualités".
Samedi (25/08/07)
Sous le soleil et les étoiles
ou Flirt d'été
Vous êtes-vous retrouvé dans une situation où vous avez la curieuse impression de jouer dans une série télévisée à succès tant vous jouez de clichés? On connait déjà la fin, ou on croit la connaître, alors on laisse tout cela aller, on s'encre dans le moment présent jusqu'à en oublier tout le reste. Tout notre être est léger comme la brise d'août. Tout est merveilleux, mais appartient si délicieusement au déjà-vu.
Je reviens de mes vacances aux États-Unis. 5 jours à Walt-Disney, 3 sur le sable blanc d'une plage de Daytona. Il y tant à dire sur ces quelques jours, tant de rires, de sourires, de surprises. Mais le sujet de cet article ne concerne aucun cas les paysages enchanteurs et les manèges délirants qui ont peuplés mon périple. Aussi peu surprenant et aussi cliché que cela puisse paraître, je parle ici d'un homme.
Le soir de mon arrivée à Daytona, j'ai bien entendu profité des vagues salées de l'océan. Depuis combien de temps n'avais-je pas rempli mes poumons de cette délicieuse odeur saline? Ou goûté son détestable goût? Quoi qu'il en soit, voilà quelques minutes à peine que je me jette à corps perdu dans les puissantes vagues, quand je sens un regard sur moi. Je rencontre, l'instant d'une seconde, le regard pâle d'un jeune homme de mon âge. Je me plais à me faire joueuse, alors je l'ignore. Mais le voilà qui s'entête et continue à me fixer d'une façon qu'il, sans doute, croit subtile. À cette étape, on peut être certaine qu'il viendra vous parler, la question est, quand? Son entêtement dépassant largement sa timidité, je n'ai pas à attendre longtemps avant qu'il vienne me parler...en anglais. Oh oui, c'est vrai, en Floride, on parle anglais. J'ai les yeux qui chauffent, protestant par tant d'eau salée, alors j'aperçois à peine un jeune homme qui me semblent bien mignon. Sa voix douce et si masculine me plait aussitôt. C'était mon premier contact avec Jordan, du Missouri. Une quinzaine de minutes avec celui que je ne pensais plus revoir.
Le lendemain, nulle trace de lui, comme je l'avais imaginé. Pas que ça me déprimais, c'est à peine si j'avais fait sa connaissance. Je l'avais relayé à la catégorie de personnes qui passent dans ma vie en y ressortant aussitôt. Mais le troisième jour, après une longue baignade, un grand jeune homme se plante devant moi. Il me faut plusieurs secondes avant de réaliser que l'apollon qui me surplombe de toute sa hauteur, je le connais sous le nom de Jordan. 6 pied et 4, cheveux blonds assez longs pour y plonger avec volupté ses doigts, yeux bleu-gris, sourire adorable d'un tombeur qui s'ignore, il est tout simplement à tomber.
La journée s'est déroulé comme dans un rêve, entre baignade dans l'océan, où il m'a fait essayer sa planche et a gentiment rit de ma façon suicidaire de me jetter dans les vagues, et dans la piscine de notre Hôtel, où nous avons davantage parlé que nagé. Une promenade sur une plage quasi-déserte sous un soleil encore ardent d'une fin d'après-midi, où les mains se frôlent sans oser aller plus loin. Des illusions maladroitement murmurées. Une crise de jalousie et de possession quand il a clairement fait comprendre au beau noir qui me draguait qu'il devait partir dans la seconde. Quelques photos pris sur son cellulaire, faible preuve que ces moments ont existé. Un premier adieu dans l'ascenseur, un baiser sur ma joue, à la commissures de mes lèvres. C'est un gentleman qui n'embrasse pas à la première occasion, voyez-vous. Moi qui pensait qu'ils n'existaient plus...
Le soir venu, je le retrouve à la piscine. Tous les deux, sous les étoiles, nous avons parlé pendant plusieurs heures, sans se soucier du reste. Côte à côte sur le bord de la piscine, se découvrant sans trouver l'utilité d'aller dans un coin sombre. On aurait sans doute pu, pour accentuer le cliché, aller sur la plage et assouvir un désir évidemment présent. On ne l'a pas fait, préférant préserver la fragile ligne entre l'amitié et la passion. On s'est plutôt quitté ce soir-là avec l'impression d'avoir vécu quelque chose de spécial. Un moment à nous que personne ne pourrait nous enlever. Une intime rencontre, cachés à l'abris sous la voûte étoilée.
Le lendemain, on s'est revu, rejouant une nouvelle fois la scène des adieux presque en riant. Et encore. Et encore. Puis soudain, le rideau tombe. La pièce est finie avant même que les acteurs ne l'ai réalisé. Leur légèreté leur a fait oublier de s'échanger les emails qu'ils s'étaient promis. Elle leur a fait oublier qu'à un moment, leurs adieux seraient véritables.
Alors on se retrouve seul, forcé de nier le sentiment qui vous tenaille. L'impression d'être soudain vide et stupide. Vous savez, je suis naïve et romantique, je suis de ces filles qui voient dans le flirt l'amoureux de sa vie. Avec Jordan, un journée semblait des années. Je me suis sentie belle comme jamais malgré mon visage sans maquillage et mes cheveux défaits. Et même si nous avons retenu l'attention de plusieurs clients et employés comme le petit couple cute du moment, même si il ne s'est à proprement rien passé de physique emtre nous, l'intimité que nous avons partagé est précieuse.
Bien sûr, j'aurais aimé raconté le récit passionné de deux amants qui se rencontrent et laissent aller leurs pulsions de la plus ardente des façons. Un ou deux jours de plus et cela se serait sans doute terminé de cette façon. Je maudis notre légèreté. Il est désormais au Missouri et moi au Québec. On a raté la passion, sinon une grande amitié. Reste que le souvenir de deux êtres qui se trouvent pour ne plus jamais se revoir.
Ecrit par Elanore, à 04:46 dans la rubrique "Actualités".
Samedi (14/04/07)
Un peu de givre
Il fait froid. L’impression d’avoir le cœur secrètement dissimulé dans une prison de givre contraste avec le feu ardent des pensées tourbillonnant sans cesse dans ma tête. Ça tourne, encore et encore, dans une litanie qui n’aura de fin que lorsque mon dernier s’échappera pour se mêler à l’air. J’analyse, je pèse, je juge chacun des petits éléments, des gestes posés, des gens qui me parlent, et même ceux qui ne croisent mon regard qu’un instant pour s’évanouir à jamais. À force, on pourrait croire que je deviendrai une jeune femme intelligente. Mais non. Je n’ai aucune logique. Et puis, apparremment, j’ai encore cette naïveté toute enfantine. Bien sûr, il s'agit d'une chose que je nie. Parce que cela m'horrifie. Parce que suis censée être une adulte, quoique Méli me surnomme encore la teen. C’est vrai que je suis loin d’être majeur dans le monde entier. Mais bon, la vérité est que je n’ai rien d’une adulte. Je crois encore au prince charmant, aux amitiés éternelles, à une vie de bonheur. Je crois que tout peut s’arranger, je ne crois pas aux disputes…je ne vois pas le mal dans mes paroles ou mes gestes. Souvent, je ferme les yeux et m’imagine vivant une aventure. Ou juste une vie différente de la mienne. Je fais cela depuis si longtemps, qu’en fait, je n’ai plus besoin de fermer les yeux. Je rêve les yeux grands ouverts.
J’ai déjà mentionné mes mensonges. Des gens pourraient trouver étrange que j’avoue mentir. Ils pourraient penser que je perds ma crédibilité, et qu’il me sera plus difficile de mentir par la suite. En vérité, vous savez…je m’en moque. Vous savez pourquoi? Parce que quand je mens, je peux faire croire n’importe quoi à n’importe qui. Mais quand je dis la vérité, personne ne me croit. À croire que j’ai plus facilité à mentir qu’à dire vrai. Alors pourquoi je dirais la vérité? Et puis, c’est pas comme je racontais de gros mensonges. Ils n’ont d’incidents que sur moi. Pas sur les autres. Et puis, à ceux que je fais le plus confiance, je ne mens pas. Ou presque pas. Mais bon, quelle différence, parce que de toute façon, ils ne me croient pas? Si je dis « Je suis désolée, je n’ai pas voulu ça, vous me manquez », ça veut dire « Je suis désolée, je n’ai pas voulu ça, vous me manquez ». Un point c’est tout. En plus, si je suis désolée, c’est certainement pas un mensonge. Vous voyez, je fais partie de ces personnes qui ne s’excusent pas. Je tiens cela de ma mère. Ma mère, après m’avoir crié dessus, traité de toute sorte de nom, ne s’excusait jamais. Par contre, mon père, lui…il s’excusait après nos violentes disputes…puis recommençait encore et encore. J’ai fini par comprendre que des excuses, c’est du bidon. C’est facile de s’excuser sans le croire…s’excuser et répéter la même erreur par la suite. Alors quand je m’excuse, je m’assure que c’est parce qu’il n’est pas probable que je répète la faute commise.
Mais bon, je m’égare totalement.
J’ai froid. Mais je n’ai plus mal au cœur. Car je l’ai dis, il est gelé. Vous saviez que les mensonges peuvent produire du givre, vous? À force de me mentir, de me dire que tout va bien, de trouver une raison ridicule mais ô combien préférable à tous mes soucis, j’ai réussi à endormir la douleur. Tantôt, quand j’ai lu le texte qui m’a poussé à venir écrire dans ce blog, j’ai pleuré. Ça faisait longtemps…du moins, pour moi. J’ai pleuré à peine 5 minutes, étendue de tout mon long sur mon lit. Mais j’avais l’impression de ne pas être cette forme tremblotante qui pleurait trop d’amitiés perdues. C’était comme si j’étais loin et que j’observais quelqu’un d’autre révéler sa douleur à l’obscurité de la nuit. Un peu comme si je m’étais obligé de pleurer, parce que la situation était trop bouleversante. Mais à quelque part, j’avais l’impression qu’il n’y avait aucune chicane, que, comme je me suis obligé à croire, elles étaient toutes en voyage. C’est effrayant, non, du pouvoir que j’ai sur moi-même? Je m’en suis rendue compte lorsque, il y a 3 semaines, je me suis souvenue d’une chose que je ne me rappelais pas du tout avoir vécue. C’était en problématique au préscolaire, la prof nous racontait un élément sombre de sa vie, quand des images d’une précision étonnante me sont apparues. Je me suis rappelée d’une chose que j’avais tellement niée que je l’avais oubliée. Bon, ce n’est pas une chose horrible. Ça aurait pu le devenir, mais cela n’est pas arrivé. Ce n’est pas cette chose enfouie qui m’a effrayé, mais plutôt le fait que je l’avais totalement oublié. Et que si la prof n’avait pas raconté son histoire, j’aurais pu ne jamais m’en souvenir. Je me demande combien de choses comme celle-ci j’ai pu oublier. Ça m’effraie, et pourtant, je continue à me mentir. Faut croire que je n'apprendrai jamais de mes erreurs. Je suis comme ça. Je vis des échecs à fond, mais lorsque tout est rentré dans l'ordre, c'est comme si de rien ne s'était passé. Douce insouciance.
Je me suis encore égarée. Mais qu’importe.
Je suis là, il est 3h30 du matin passé, et j’ai froid même si je suis enroulée dans pleins de couvertures. Et je me sens mal, je ne comprends plus ce qui m’arrive, j’ai peur des dérapages que je commets de plus en plus. J’ai envi de pleurer encore, mais dès que je recommence, je ne me souviens plus pourquoi je pleure alors j’arrête. J’ai envi de dormir, mais en même temps, je n’ai pas sommeil. C’est normal que je suis encore plus mélangée. Il est si tard…je vais tout de même aller dormir. Je ne crois pas que la nuit porte conseil, mais au moins, elle nous permet de rêver.
Bonne nuit!
Ecrit par Elanore, à 09:38 dans la rubrique "Actualités" - Mise à jour : Mercredi 30 Mai 2007, 01:25.
Dimanche (25/03/07)
Feelings
Ecrit par Elanore, à 23:48 dans la rubrique "Actualités".
Mercredi (21/03/07)
Bonheur d'enfants
Le temps file à trop grande vitesse. Mais je ne vous apprends rien. On a toujours voulu faire quelque chose, désirer être quelqu'un. Cela demeurait comme un rêve un peu flou que l'on voulait voir devenir réalité. Un rêve que l'on faisait du plus loin que l'on se souvienne. Puis, un bon matin, le cri strident de votre réveil vous réveille en sursaut, et la première idée qui vous traverse l'esprit est: "Ça y est. C'est aujourd'hui.".
Hier, j'ai effectué ma première journée de stage dans une classe de 1ere année du primaire. Aucune idée a quoi cela équivaut ailleurs qu'au Québec...je peux néanmoins vous dire que ce sont les élèves âgés de 6 ou 7 ans.
Je suis certainement dans une phase d'idéalisation des élèves. Alors que j'attends impatiemment dans la classe, je vois les petits bouts-de-choux en train d'enlever leurs manteaux d'hiver. Je me tiens là, seule dans la pièce, un sourire béat s'étirant d'une oreille à l'autre, résistant à l'envi de m'exclamer tout haut: "Ohhhh!!! Ils sont trop CUTE!".
Puis, l'un d'eux à fait son entrée. Il me regarde curieusement pendant 2 secondes, se demandant si je suis bien la stagiaire que son enseignante lui avait annoncée. Puis, il me lance un jovial: "Salut! Moi, c'est Chris et c'est moi l'ami du jour! Tu veux que je te montre ce que je dois faire, dis?". L'ami du jour consistant à surveiller les autres élèves. Un à un, les autres élèves font leur entrée. À l'intérieur de moi, l'anticipation se mêle à un béatement assez impressionnant même pour moi. Je remarque Nathan, un petit garçon tout blond à la bouille adorable, et réalise au même moment que ça y est, j'ai un coup de coeur, un chouchou! Plus tard, lorsque je ramasse les feuilles d'exercices, il me regarde et s'exclame: "T'es belle!". Et vlan! Sourire niais, le retour!
L'avant-midi se déroule trop vite. Après un midi assez ennuyant à assister à une rencontre de prof tout en essayant de cacher mes bâillements, les élèves retournent dans la classe. Leur enseignante leur explique l'activité, consistant à découper des lettres des journaux afin de former les mots de vocabulaire de la semaine. Et puis, elle m'abandonne cruellement avec ses élèves, supposément pour aller faire une photocopie...et revient 20 minutes plus tard.
Pour ceux qui l'ignore et qui croient que 20 minutes, c'est bien peu, je peux vous affirmer que même 10 minutes, avec une classe de 6-7 ans que l'on ne connait pas vraiment, tout comme on ne connait pas les techniques que la prof emploie pour les garder à l'ordre, et bien tout cela équivaut à 15 minutes de courses sans arrêt. Tu manques de souffle, tu es épuisée, et tu ne sais pas si tu vas te rendre jusqu'à la fin.
Essayons de résumer ce moment. Un élève vous dit qu'il n'arrive pas à trouver de "D", alors que deux autres se disputent jusqu'à ce que l'un d'eux fasse une crise. Une autre arrive et vous tire la manche pour que vous veniez voir le mot qu'elle vient de terminer, mot, soit dit en passant, qu'elle a écrit à l'envers. Il y a en une autre qui arrive, dit qu'elle a terminé, et exige d'avoir une autre tâche à faire. Vous n’avez aucune idée, alors vous lui demander de faire une pile avec les journaux non utilisés. À ce moment, des ricanements vous font lever la tête, et vous constater que la gang de petits gars du fond sont tombés sur une affiche dans le journal présentant le film Cashback, et que sur cette affiche, on voit une jeune fille nue. Mais avant que vous soyez parvenus jusqu'à eux, des bruits vous obligent à jeter un coup d'oeil à l'avant, où vous voyez une fillette en train de courir et de glisser sur les journaux, les éparpillant aux quatre coins de la pièce. Et là, la petite fille de tantôt fait une crise parce que sa pile est toute défaite. Puis, Nathan décide qu'il préfère vous parler que de découper et coller des lettres. Ce qui donne:
Nathan: Est-ce que tu es mariée?
Moi: Mais non! Je suis trop jeune!
Nathan: Tu as quel âge?
Avant que ça se termine en demande en mariage, vous décidez de tenter une technique pour les rappeler à l'ordre. Vous éteignez les lumières....mais le soleil est tellement fort qu'il n'y a aucune différence...Vous compter 5-4-3-2-1-0! Et là...ohhhh...ils se sont calmés...un peu! Et la prof revient juste à ce moment...mis à part les journaux éparpillés, aucune trace de la tempête.
Et là, c'est l'heure de l'activité d'intégration que je dois présenter. J'ai décidé de faire un atelier de théâtre utilisant les accessoires. Chaque équipe doit inventer une histoire`avec l'aide des objets que je leur donne, puis doit la présenter à la classe. Quoi de mieux pour exiter des enfants! Les trois premières équipes présentent des scénette toutes mignonnes, mais la dernière....Résumons:
4 garçons criant en même temps: "Ahhhhhhhhhhhhh" et mimant une bataille, et ce, pendant 3 minutes. Je ne sais même pas s'ils ont prononcé une seule parole. Et moi, tout ce qui me vient, c'est : "Oh my god! les profs des classes d';a côté vont me tuer!". Enfin...n'empêche que les enfants ont tous adoré l'activité et que la prof m'a sorti qu'une seule petite critique.
Et c'est la fin de la journée. Plusieurs câlins avant de partir. Quelques échanges avec la prof. Puis, retour à la maison. Épuisée. Mais mon sourire niais refait surface....mais m'avait-il vraiment quitté?
Vous savez quoi? Je dois être sado-maso, parce que j'ai trop hâte à la suite de mon stage!
Ecrit par Elanore, à 06:26 dans la rubrique "Actualités".
Jeudi (01/03/07)
Sous la neige
Si je ferme les yeux, laissant mon esprit naviguer parmi les souvenirs d'une enfance ma foi pas si lointaine que cela, je revois des images qui me paraissent parfois d'une étrange réalité. Un peu comme si je n'avais qu'à tendre la main pour toucher mon double enfantin. Il m'arrive de me souvenir d'une odeur particulière, ou même d'une sensation quelconque.
L'autre nuit, je suis sortie de la prison étouffante qu'est devenu l'endroit où je vis. Il avait neigé toute la journée durant, et quelques derniers flocons tombaient paresseusement du ciel. Une sensation indescriptible de bien-être s'est emparée de moi, alors qu'un de mes souvenirs d'enfance favori se matérialisait soudain devant mes yeux.
Une famille sortant de leur maison tard le soir. Une fillette blonde posant ses yeux émerveillés sur l'étendue parfaite de neige s'étendant à ses pieds. Si l'on y accorde notre attention, on remarque que la neige est une immensité composée de minuscules diamants étincelants à la lumière de la lune. C'est magique. La fillette prend une grande inspiration, tout en gardant les yeux grands ouverts pour ne rien manquer du spectacle. L'odeur de l'hiver la fait sourire. Car l'hiver a une odeur. Je ne parle pas de celle des feux de cheminée. Au-delà de cet effluve également très enchanteur, il y a une odeur fraîche et légèrement sucrée. C'est le parfum de l'hiver.
La famille suit plusieurs personnes qui se rendent toutes à l'ouverture du carnaval de la petite ville. Chacun a une bougie à la main et un sourire au visage. C'est obligatoire. Une mitaine brûlée et une bougie confiquée plus tard, ils arrivent à un majestueux château de glace. À son sommet, avec l'étendue de diamants s'étendant aussi loin qu'elle peut le voir, elle se sent spéciale.
Il était très tard, mais les chemins enneigés m'appelaient à eux, tant et si bien que l'envi de les suivre devint insoutenable. Êtes-vous déjà été marcher sans vouloir aller nulle part en particulier? Juste aller là où vous mènent vos pas? J'avançais en suivant les chemins de diamants qui semblaient n'exister que pour mon ravissement. Les rares personnes que je rencontrai sur mon chemin étaient des hommes au visage las qui libéraient leurs allées de toute la neige accumulée. Mais la plupart des gens avaient préféré rester bien au chaud à l'intérieur. Dommage. Ils ne sauront jamais quel spectacle ils ont manqué cette nuit-là.
Moi, j'en ai profité. J'ai laissé de côté toutes les incessantes questions qui me traversent l’esprit, tous mes soucis, mes craintes, mes doutes...tout ce quotidien qui emprisonne trop souvent les gens dans un désespoir grandissant. Je suivais simplement les chemins de diamants. C'était comme suivre la route de briques jaunes...mais je ne sais quel est mon château d'émeraudes à moi. Peut-être aurais-je fini par le découvrir si la fatigue ne se serait pas pointée.
Alors je suis retournée chez moi, et j'ai dormi.
Cet article est assez inutile, je crois. Mais parfois, les banalités de la vie vous font un bien que vous n'auriez pas cru possible. Cependant, nous sommes si portés à les ignorer qu'elles passent sous notre nez sans que l'on soupçonne même leur présence. Alors faites-moi plaisir. Ouvrez vos yeux.
Bonne journée, soirée ou nuit!
Elanore xxx
Ecrit par Elanore, à 23:23 dans la rubrique "Actualités" - Mise à jour : Vendredi 2 Mars 2007, 08:02.
Lundi (05/02/07)
Cauchemar et réalité
J’en tremble encore. Dans mon lit aux draps défaits, je n’ai nul besoin de fermer les yeux pour revoir les parcelles d’images de mon cauchemar.
Je n’ai jamais aimé regarder les bulletins de nouvelle. On y parle sans cesse de mort, de guerre et de toutes sortes de vérités sur le monde que les gens oublient dès qu’ils changent de poste. On interroge des personnes en larmes venant de perdre un être cher, et invariablement, une question leur est posée : Comment vous sentez-vous face à cette situation ? Ce qui, inévitablement, provoque une crise de larme. Une telle souffrance affichée sans retenue ne peut que me faire monter les larmes aux yeux. Peut importe que je ne les connaisse pas, ces gens. Ce sont des hommes et des femmes qui souffrent injustement. Habituellement, j’évite de regarder les nouvelles pour ne pas être démoralisée. Certains diront que j’évite seulement la réalité. Sans doute ont-ils raison. Toujours est-il que hier soir, j’ai vu le bulletin de 10 heures. Comme vous l’avez deviné, il y avait encore des morts. Une en particulier a su retenir mon attention. Un adolescent tué dans un accident de voiture. Quoi de plus banal? Il y a toujours des accidents de voiture, et encore plus concernant les ados. C’est d’une banalité si évidente que trente secondes suffisent pour annoncer la nouvelle. Et hop! On passe à une autre. On n’a même pas droit aux pleurs des proches. J’ai une brève pensée pour le garçon, mais c’est le visage d’une jeune femme qui apparaît devant mes yeux. Une jeune femme qui ne fera plus la fête comme elle aimait tellement le faire. C’est idiot…elle n’était pas mon amie, à peine une connaissance…mais elle faisait partie de mon quotidien. Je la croisais à tous les jours. Elle était amie avec plusieurs de mes amis. Et un soir, une fraction de seconde, un mauvais coup de volant, une ceinture mal attachée…et c’en est finie de la vie.
La vie est injuste. Elle voulait la vie, elle a eu la mort. D’autres ont la vie, mais préfèrent mourir. Où est-elle, la logique? Ne la cherchez pas, il n’y en a pas.
C’est sur cette sombre pensée que je me suis endormie.
J’ai rêvé que l’on m’annonçait que l’un de mes amis s’était jeté devant une voiture et était mort. Terrifiante idée qui ne vient hélas pas seulement de mon imagination. Mais à peine cette annonce m’est-elle faite que je me retrouve ailleurs. Des images me reviennent, souvenirs enfouis avec tellement de soin que je ne me souvenais plus les avoir déjà eu. Devant mes yeux, une fillette blonde aux yeux illuminés par l’innocence de ses trois ans. Une petite fille avec qui je jouais comme tout autre enfant de huit ou neuf ans peut jouer avec une poupée. Si petite, si délicate! Et comme tous les enfants à cet âge, habitée par le sentiment d’invulnérabilité, celui qui les rends tous si imprudents. Cette adorable gamine, avec qui j’ai joué tant de fois, adorait chanter et rire. Et comme j’aime ça moi aussi, nous chantions et nous riions ensemble.
Ça c’est passé le jour de Pâques. Elle jouait tranquillement dehors; son père n’était pas très loin, juste de l’autre côté de la rue. Elle voulait aller le rejoindre, qu’il la prenne dans ses bras et la fasse tournoyer comme il avait l’habitude de le faire. S’élançant vers lui, elle ne vit pas l’automobile qui descendait la pente. Le conducteur, lui, la vit. Il appuya sur le frein, mais le foutu destin voulu qu’il y ait à cet endroit une plaque de glace. Le pare-choc alla frapper directement la tête de l’adorable enfant, sous les yeux de son père et de ses oncles.
J’imagine la douleur indescriptible que peut ressentir un père en voyant sa fille mourir devant lui. Y assister, impuissant. Se rejouer la scène un million de fois dans sa tête en se reprochant de ne pas avoir été assez rapide. Avoir la certitude d’être la cause de son décès. Puis, lentement, réaliser que sa fille unique est morte, qu’il ne la reverra plus jamais. JAMAIS. A-t-il alors pensé qu’il ne pourrait plus jamais la faire tournoyer dans les airs? Plus jamais jouer avec elle, la faire rire, ou même la gronder?
C’est cette pensée qui m’est venue, lorsque l’on m’a appris la nouvelle. Je me suis dis que la petite fille ne chanterait plus, ni ne rirait. Elle commençait à peine à connaître le monde, et son voyage se terminait déjà. À huit ans, lorsque l’on n’a perdu aucun être cher, on a une idée brumeuse sur la mort. Cependant, déjà à cet âge, et peut-être plus jeune encore, je me réveillais la nuit complètement terrifiée avec l’idée qu’un jour, je serais vieille et je mourrais. Mais mourir à 3 ans, ce n’était pas normal dans ma tête. Voire même impossible.
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Il est étrange comme parfois, des souvenirs vous reviennent comme cela. Celui-ci aurait pu ressurgir lorsque Sarah est morte dans son accident de voiture, il y a deux ans. Alors pourquoi cette nuit? Je suis ridicule de pleurer ainsi une petite fille sans nom, venue troubler mon sommeil l’instant de quelques heures. Il y a des fois où je suis tellement horrifiée par la vraie vie. Nous voulons tellement nous faire croire que tout est beau, que les malheurs n’arrivent qu’aux autres et qu’ils ne sont pas si terribles que cela. Les sujets tabous, nous en parlons tout bas, comme si nous avons peur que les dire haut et fort les rendraient plus réels qu’ils ne le sont déjà. Cependant, il faut bien affronter la vérité un jour ou l’autre, non? La semaine passée, Mélie me racontait la vérité sur son pays, l’Haïti. Au fil de son histoire, je m’imaginais un inquiétant véhicule noir stationné devant une école, semant la terreur chez tous ceux l’apercevant. Ces passants qui se demandent combien d’enfants disparaîtront cette fois-ci. Je voyais des gens qui comptent les secondes jusqu’au retour des leurs, remerciant le ciel que cette fois-ci, ils aient été épargnés. Je voyais des petits garçons tuer des hommes avec des fusils sortis d’on ne sait où. Je voyais des petites filles de 12 ans s’engouffrer dans des pièces sombres avec les soldats venus soit disant pour rétablir l’ordre.
Ce ne sont que quelques horreurs parmi tant d’autres. Il y a tant de choses qui clochent dans ce monde. Pourtant, le bonheur est si facile à trouver. Pourquoi y a-t-il tous ces malheurs?
Why don’t we end this lie? I can’t pretend this time
On m’a répondu que le malheur servait à apprécier le bonheur. Est-ce que cela veut dire que l’homme a besoin de souffrir pour pouvoir apprécier la vie qu’on lui a offerte? Si cela est vraiment vrai, l’homme est con. Un jour de Pâques, une fillette est morte. C’était un accident. Il y a des milliers d’enfants qui meurent à cause des maladies ou des accidents. Ça, nous ne nous pouvons pas y faire grand-chose. Mais aussi, à chaque jour, combien d’autres enfants se font-elles battre? Tuées? Violées? La vie est déjà assez injuste comme cela! L’homme n’a pas besoin de s’y mettre aussi! Mais il le fait. Encore. Et encore. Et toujours.
Ecrit par Elanore, à 17:44 dans la rubrique "Actualités" - Mise à jour : Mardi 13 Février 2007, 02:19.
Jeudi (25/01/07)
À travers mes petits malheurs
Énervée par le blabla incessant d’un fatiguant qui s’acharne drôlement, je fais mine de l’ignorer, sans grand succès. Mes réponses monosyllabiques ne semblent guère le faire reculer, à mon plus grand dam. Monsieur métro trouve tout de même le moyen de se blanchir de toutes mes accusations. Pire, il m’accuse presque! Alors, j’arrête tout simplement de lui parler, et enfin, il m’imite. C’est notre première chicane en tant qu’amis-louches-que tout-le-monde-veut-voir-sortir-ensemble-mais-que-pour-l’intant-il-m’intéresse-juste-en-ami-et-non-je-ne-plaisante-pas-blueyes. Bien sûr, il s’agit entièrement de sa faute, et ce n’est pas là qu’un pur caprice de mon orgueil. On n’invite pas quelqu’un à venir assister à un match de hockey en lui disant qu’avant la partie, on ira la voir pour lui donner son numéro de chandail, sans jamais venir la voir, ni lui faire signe! Oui, je suis arrivée au moment où la partie commençait. Mais ne lui aurait-il pas suffit de me faire signe en passant devant moi? Moi qui déteste le hockey, qui plus est! Il aurait pu ne pas être là...et c'est ce que j'ai fini par croire. Non, il n’a pas assuré sur ce coup, il n’y a rien à redire. Bien sûr, 1 heure après notre discussion des plus foireuses sur msn, il vient s’excuser avec tous les jolis mots qu’il a l’habitude d’utiliser pour se rabaisser plus bas que terre. Il s’excuse, se blâme, s’insulte, quémande mon pardon sans trop l’espérer. M’assure qu’il voulait me voir autant que de jouer au hockey, sinon plus.
Étant qui je suis, je ne réponds pas immédiatement, le laissant désespérer devant son écran. Puis je lui pardonne. Parce que je déteste les chicanes, et que j’ai promis à Isis que nous allions nous réconcilier.
La journée en soit avait été des plus mauvaises pour moi. Dès 8h30, mon rideau m’a sauvagement attaqué. Et se prendre un rideau en pleine poire à son réveil, ce n’est pas des plus agréable. Pressée par le temps, j’essaye de réinstaller ledit rideau, n’arrivant qu’à faire s’éparpiller des pièces du support un peu partout dans ma chambre.
Toujours à la course, je me rends dans ma classe, qui s’avère à être tellement endormante que je ne trouve rien de mieux à faire que de regarder mes camarades de classe tomber tour à tour endormis. 3 heures d’atroces souffrances plus tard, nous nous rendons dans le prochain cours. Celui-ci parvient, par je ne sais quel maléfice, à être encore plus assommant que le premier. Vers la fin, la professeure parvient à me faire pleurer en racontant des histoires beaucoup trop tristes concernant des enfants. Bien entendu, je suis la seule à être bouleversée aux larmes. À moins que les autres se sont cachés pour le faire, tout comme moi? Le destin voulu tout de même que les 46 élèves survivent à cette injuste punition que fut cette journée pénible de cours. Rendue chez moi, je me rends compte que ma connection internet ne fonctionne plus du tout. Heureusement, je me rends compte qu'en me pressant sur le mur de ma cuisine tout en inclinant mon portable d'une certaine manière (à 45 degrés), je prends une autre connection non sécurisée. Je consulte alors mes emails. Mon professeur de culture scientifique nous envoie un mot comme quoi je passe la première dans les oraux de la semaine prochaine.
Génial. Comment démoraliser une personne en 15 secondes. Énervée par cette nouvelle, je manque bien sûr une marche dans l’escalier et passe à un cheveu de faire une visite à l’hôpital de mon quartier. Ensuite arrive l’épisode Simon alias M. Métro. Au souper, ce n’est pas mon rideau qui m’attaque, mais bien une arête de poisson. Poisson sans arête mon œil! Quand je pense qu’une petite vieille aurait pu me faire le bouche-à-bouche s’il m’était arrivé quelque chose de grave…Brrr! Dégoûtant
Le tout pour dire que je n'ai peut-être eu que de petits malheurs, ils m'ont tout de même donné l'impression que ma journée était gâchée. Mais en fait, elle ne l'était pas du tout. Il aurait pu arriver des choses tellement plus pires! Il y a des journées où tout va mal, d'autres qui nous réservent de belles surprises. La roue fini toujours par tourner.
.Elanore -xxx-
Ecrit par Elanore, à 17:12 dans la rubrique "Actualités" - Mise à jour : Vendredi 26 Janvier 2007, 16:26.
Lundi (22/01/07)
Dans mes pensées
Il y a des jours que je ne sais plus ce que je veux. J’aimerais partir, laisser tout derrière moi l’instant de quelques heures, ou encore mieux, quelques jours. Découvrir des paysages nouveaux, des recoins que je n’aurais jamais pu apercevoir si j’étais demeurée sagement à Montréal. Vivre la magie des roads trip avec mes meilleurs amis. Vivre sans jamais penser à demain…juste apprécier le moment présent. Rire seulement parce que j’en ai envi. Être entièrement qui je suis.
Je voudrais aussi prendre l’autobus et retourner au Cégep, revivre ces deux années avec les gens extraordinaires que j’ai eu la chance de compter comme mes amis. Remonter sur une scène de théâtre, et pas seulement réciter mon texte, mais bien devenir le personnage qu’on me demande d’être. Penser, marcher, parler, rire comme lui. Être comédienne, c’est un peu comme faire des road trip à chaque représentation. La sensation est la même pour moi. Parce que même si ce n’est plus moi qui suis là, paradoxalement, c’est totalement Elanore qui est là et qui évolue sous le regard du public. Mais eux, ils ne le savent pas…c’est le but du jeu. Leur mentir tout en leur disant la vérité.
En ce moment, j’aurais envi d’être entourée de mes amis, de tout simplement bavarder dans un salon en fumant une chicha (tout dépendant si elle est encore à la fausse pomme). De les écouter parler de leurs problèmes comme de leurs joies. En ce moment, il s’agit de ma vérité. Je me sens vraiment seule, dans ma chambre. L’obscurité a envahi ma chambre, bien qu’il soit encore tôt. Mon CD a cessé de jouer. À présent, plus rien ne peut m’empêcher de constater le silence régnant dans la pièce, preuve flagrante de cette solitude qui me pèse tant. Pourtant, cela ne fait même pas trois heures que j’ai quitté mes parents pour retourner à Montréal. Je suis ridicule. Je n’ai jamais eu peur de la solitude avant, et je ne vais quand même pas commencer maintenant!
C’est drôle, la vie…comme je désespère sur le fait que mes amis me manque, une amie de longue date que je n’ai pas vu depuis cet été me demande de faire quelque chose avec elle le week-end prochain. Comme quoi tout doit s’arranger, dans la vie. Le problème, c’est que l’on ne sait jamais le temps que cela peut prendre…
Cela me conduit à mon autre problème immédiat, c’est-à-dire, sans grande originalité, les hommes. L’autre jour, Isis m’a demandé si j’aimais quelqu’un. Elle me demandait ça sur un ton qui se voulait désintéressé, mais qui échouait lamentablement. Du moins, c’est mon avis. Je sais très bien qu’elle espérait de ma part des aveux d’amour passionné envers notre ami commun, Simon. Je trouve cela tout à fait ridicule. Je le connais à peine, je suis incertaine de ses sentiments envers moi et elle voudrait que je sois amoureuse? C’est sûr, je manque terriblement de contact avec la gent masculine, ces temps-ci. Mon expérience avec Tommy me l’a bien confirmé. Mais est-ce que je suis prête à l’amour? Je n’ai jamais su lire mon coeur, je n’ai jamais aimé. Comment pourrais-je y arriver? Je ne sais pas comment cela fonctionne! C'est idiot, mais j'ai besoin que l’on m'apprenne à aimer. C’est pour cette raison que je ne peux choisir qui j’aime. Comme une amie m’a dit, cela sera l’homme qui prendra volontiers le temps de m’apprendre ce que c’est l’amour qui aura mon cœur.
En attendant…je ne sais pas…je me jette sur le premier venu consentant pour avoir des câlins? Hum…Je me vois arriver et demander à Tommy : « Hey! Ça te dirait d’être encore mon teddy bear? ».
Je rigole. Je n'ai pas sérieusement pensé faire ça.
CD écouté: Billy Talent II
Ecrit par Elanore, à 00:55 dans la rubrique "Actualités" - Mise à jour : Mercredi 24 Janvier 2007, 02:50.
